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La Naissance d'un Mythe
Rien quà lévocation de ce nom, Zelda, nombreuses sont les images qui affluent dans lesprit de chacun. Zelda est un mythe, une légende. Aujourdhui, on ne compte même plus le nombre de produits dérivés estampillés du logo de Nintendo à leffigie de notre petit héros tout de vert vêtu, aux oreilles delfe. Mais où cette légende est-elle née ? Il faut remonter bien loin pour cela, du temps de mon enfance. Je vais ici tâcher de vous présenter comment est née la légende de Zelda, ce quelle représente, quelles ont été les raisons de son succès immédiat, et comment il a évolué à travers les premières années de son exploitation. Le background des premiers Zelda est on ne peut plus simple, les personnages y sont manichéens, peu nombreux et stéréotypés (I). Mais au fil du temps, les épisodes se sont étoffés, chacun apportant son lot de nouveautés et étant plus ou moins fidèle à loriginal (II). » Les protagonistes de l'histoire A la base, lhistoire du tout premier Zelda est fort simple, en témoigne le nombre extrêmement réduit de personnages intégrés à lhistoire. Outre le héros on ne peut plus classique (A), on trouve linévitable princesse à sauver (B) et laffreux méchant qui a capturé la princesse (C). A) Le héros : Link ![]() Link est LE héros de laventure, le héros classique des jeux dheroic-fantasy (1). Pourtant, il a beaucoup évolué au fil des épisodes (2), bien que pourtant Nintendo nen ai pas fait le point central de son jeu comme on aurait pu le croire (3). Un héros très classique Link est le personnage avec lequel le joueur va passer tout son temps. Cest le héros, un héros classique, banal pourrait-on dire. Link est, au départ de laventure, habillé de vert, comme cest très souvent le cas chez les héros. Il porte une sorte de tunique, apparentée à larmure de cuir légère, une ceinture, et un bonnet ! Tiens, oui, pourquoi diable la-t-on affublé dun bonnet ? Tout porte à croire que cest pour rendre notre héros plus attachant. Essayez trente secondes dimaginer Link la tête dans un heaume de paladin, son corps dans une imposante armure métallique, un harnois complet. Impossible de sattacher à un pareil héros lorsque lon a six ans (date à laquelle jai découvert le premier opus de la série). Et ce soft sadressait à un jeune public. Link a aussi une bonne petite tête ronde et des oreilles pointues qui dépassent (serait-il dorigine elfique ?). Tout contribue à rendre le héros attachant. ![]() Cependant, la tradition de la vision classique du héros reste respectée. Il ny a quà regarder ses armes : lépée et le bouclier. Le héros typique de Donjons et Dragons : lépée longue et lécu. Et bien sûr, au cours de son aventure, il va dénicher une épée magique qui remplacera rapidement sa bonne vieille épée (qui dailleurs semble être faite de bois, au vu de sa couleur), et un bouclier magique capable de stopper des projectiles jusque-là imblocables. Ce nest que beaucoup plus tard que le bouclier sera utilisé contre les ennemis au corps-à-corps. On ne sait pas grand-chose de la personnalité de Link, mais on devine déjà quil est bon, honnête, courageux, sympathique Bref, un petit héros parfait en somme. Cela contraste grandement avec le héros préféré de Nintendo : Mario. Contrairement à Link, Mario est plutôt grassouillet, moustachu, habillé dune salopette, et plombier de profession ! On peut donc penser que Nintendo avait besoin dun héros classique, une des raisons du manque doriginalité de Link. L'évolution du héros ![]() Il faut croire que Link a subi de très nombreuses opérations de chirurgie esthétique dans les sombres laboratoires secrets de Nintendo, car dès le second épisode de la série, Link est transformé : il a bien vieilli ! On ne connaissait pas lâge de Link dans Zelda 1, mais il avait lair fort jeune. Ici, cest un jeune homme que lon nous décrit, dans la force de lâge (probablement 16 à 20 ans). Link est plus grand, plus athlétique plus mûr. Les dessins de lépoque (désolé je nai pas retrouvé ma vieille boîte de Zelda 2 à scanner) montrent un jeune homme aux cheveux longs au regard dur et grave. On croirait presque voir Elrond dans Lord of the Rings.
Il faut croire que les jeunes joueurs narrivaient pas à didentifier à ce nouveau héros, encore moins à sy attacher, et que les nostalgiques regrettaient déjà leur petit Link en forme de lutin. En effet, dans Zelda 3, Link se retrouve à nouveau tout petit. Il est même explicitement décrit comme un gamin par les gardes, « trop petit pour veiller si tard » ! Il est donc bien jeune, notre petit héros Bien plus jeune encore que dans le premier épisode, dans lequel on parle dun jeune homme, non pas dun enfant. Après ce changement, Link restera éternellement un enfant, en témoignent Zelda 4 et les récents Zelda sur Nintendo 64. Il a donc été décidé que Link plaisait mieux au public en étant tout petit avec un air de gamin. Les mauvaises langues diront que Nintendo voulait séduire un public de gamins Un personnage peu développé Dans la plupart des jeux de rôles ou des RPG, le personnage central a sa personnalité propre. Et les interactions avec les PNJ (Personnages Non-Joueurs pour les incultes) sont grandes. Dans le cas de Secret of Mana par exemple, le héros prend des décisions courageuses, lelfe est espiègle, la fille est capricieuse, et le trio fonctionne parfaitement sur ces interactions entre les trois personnages (même si cest encore à un niveau basique). Dans Zelda, Link interroge les villageois, mais il ne sexprime presque jamais. Les villageois se contentent de lui parler, de lui raconter leurs histoires, de lui assigner des quêtes diverses et variées. Pourtant, même si on demeure encore loin dune réelle interaction entre les personnages, le dialogue sétoffe dépisode en épisode. Dans le premier opus, la somme des dialogues du jeu doit pouvoir se résumer à une vingtaine de lignes en tout et pour tout. Il ny a pas de villages, et rarissimes sont les habitants dHyrule que lon croise. Dailleurs, tous se terrent au fond de grottes, voire de donjons ! (mais que fait ce grand-père en plein milieu dun donjon rempli de monstres ?). A se demander doù vient notre brave Link, il na même pas de maison ! ![]() Dans le second épisode, Link peut aller dans des villages et parler aux différents villageois, qui, dailleurs, nont souvent rien à lui dire ! Certains vont même jusquà se transformer en suppôts de Ganon et lattaquent ! En moyenne un habitant sur vingt dit quelque chose dintéressant. Mais on remarque déjà cette volonté de pouvoir instaurer un dialogue. Cependant Link ne semble toujours pas être capable de parler : il ne dit pas un mot du début à la fin du jeu ! Le pauvre Link napprendra à parler quà partir du troisième épisode. Et même ici, lorsquil peut sexprimer, cest la plupart du temps pour répondre « oui » ou « non » à des questions (« tu as bien tout compris ? » « Veux-tu acheter ceci pour 100 rubis ? »). Mais la grande nouveauté est dans lattitude des villageois à légard de Link : ils ne sont plus neutres comme dans les épisodes précédents. Ils sexpriment en tenant compte de leur interlocuteur ! En témoigne le femme, dans le village, qui senfuit en voyant Link pour appeler les gardes et toucher la prime de récompense Quant à Zelda 4, Link est encore plus capable dexpression, et linteraction avec les PNJ est poussée au point que lon puisse voler dans une boutique en faisant tourner la tête du vendeur dans tous les sens ! Nintendo na su donner une véritable personnalité à Link quavec le dessin animé Zelda, où Link était joueur, espiègle, et étonnamment pervers ! Si Link a du mal à saffirmer, ce nest pas seulement à cause de son autisme maladif (comment expliquer autrement quil ne parle avec personne ?) ;). La seconde cause est due au nom que porte le jeu. Eh oui, le jeu ne sappelle pas Link mais Zelda ! Cest bien la princesse qui a donné son nom au jeu, et non pas le héros principal ! Nintendo sest ici démarqué de son premier succès, Super Mario Bros. Mario, le héros. Imaginez Super Luigi Bros ! Eh bien à part Luigis Mansion, le frère de Mario est toujours recalé derrière. Alors pourquoi « Zelda » et non pas Link ? On peut expliquer ceci par le fait que lon ne parle pas une seule seconde de la princesse Zelda tout au long du jeu. Elle nest même pas évoquée dans la « cinématique » dintro. Son nom figure juste un tout petit peu dans la notice du jeu sur la page qui résume lhistoire en 10 lignes. Du coup, quand on joue, on a tendance à oublier que cest elle quon cherche, à force de récolter des fragments de la Triforce de la Sagesse. ![]() Les créateurs voulaient peut-être que lon noublie pas quon avait une princesse à sauver, et quel meilleur moyen que dinscrire son nom en toutes lettres sur la jeu ? B) La Princesse : Zelda ![]() Personnage qui a donné son nom à la légende (cest le cas de le dire), elle est également une princesse stéréotypée (1), pratiquement absente de la saga (2), mais qui pourtant ne reste pas aussi inactive que lon pourrait le croire (3). La Princesse typique Zelda. Cest la princesse. Elle a été kidnappée par le grand méchant Ganon. Tu dois la sauver. Que doriginalité ! Voilà un scénario bien ficelé ! Elle au moins, cette princesse Zelda, elle ne rompt pas avec la tradition ! Que ce soit par Ganon (Zelda 1), un mauvais prince (Zelda 2), ou Aganhim (Zelda 3), elle trouve toujours moyen de se fourrer dans les ennuis, et à chaque fois cest à Link daller la sauver Non mais, vous imaginez ? A quoi ça sert, une princesse, si ce nest quà se faire capturer ? A croire que dès leur plus jeune âge on leur apprend à réussir à se faire capturer par un grand méchant. Sinon, une princesse, ça ne sert à rien. Regardez dans Mario, lui aussi doit allez sauver sa princesse ! Il faut croire que Zelda a plus de chance, car elle voit un vaillant jeune homme venir la secourir. Quant à lautre Non, je nose même pas imaginer la scène Elle sort de sa cage, et cest un plombier, tout sale à force de glisser dans les tuyaux, et ressemblant plus à Père Dodu quà un vrai héros, qui vient la sauver ! Ah ça, quand on est une blonde Tu navais quà être brune, comme Zelda ! Tiens, cest vrai, ça Zelda est brune ? Ce nest pas si classique pour une princesse Mais jy reviendrai. Le personnage fantôme On achète Zelda 1, on insère la cartouche, on commence laventure. Cest bien. Eh bien on ne verra pas la princesse Zelda avant davoir terminé le jeu ! Pour un gamin de six ans comme jétais lorsque jai eu le jeu, comptez quatre bons mois. Et la récompense, à la fin ? Une princesse qui sapproche, ne dit même pas merci alors quelle vient de passer quatre mois enfermée dans une prison gardée par un cochon géant, et le jeu qui sarrête là ! Non, cest nul ça ! Remboursez ! Je veux ma princesse ! A poil ! Heu Pardon je memballe là. Je disais donc : cette fameuse princesse, dont on me parle tout le temps mais dont je nai pas vu le bout du nez, a lair de vouloir se faire désirer. Dans Zelda 1, elle nest jamais là, sauf pendant cinq secondes à la fin. Belle récompense ! Si jétais Link, jirais chercher une femme ailleurs. Mais dans Zelda 2, la princesse semble avoir compris la leçon. Donc, plutôt que de se faire emprisonner par un grand méchant vilain pas beau, elle se fait endormir. Comme ça, à chaque fois quon redémarre le jeu, on commence à côté de la princesse endormie. Cest bien, davoir une princesse légume à côté de soi. ![]() Comme ça, ça aide à passer le temps, en attendant de la réveiller. Cest mieux que rien. Mais fort heureusement elle se rachète à la fin Et dans Zelda 3, me direz-vous ? Là Zelda sait que Link en a assez quelle se dérobe toujours à lui, alors elle se fait emprisonner, certes comme dhabitude, mais Link la libère dès le début du jeu ! Pratique, non ? Comme ça, il la retrouve quand il veut au sanctuaire Regardez-les comme ils sont mignons à côté du prêtre dans léglise (tiens, pas mal léglise Je devrais peut-être la ripper pour RPGmaker ) ! On dirait quils sont à la cérémonie de mariage ! Et puis cette fois Zelda rend à Link toute sa barre de vie dès quelle lui parle. Elle fait enfin quelque chose ! Et quen est-il de Zelda 4 ? Eh bien Zelda est partie en vacances, Ganon a pris ses congés, et Link est tout seul. Notez que, même sans lapparition de Zelda, le jeu continue à sappeler Zelda Un Princesse active
Camarades, la révolution féminine est en marche ! La princesse Zelda travaille ! Si si ! En effet, dans le premier épisode, Zelda ne se contente pas daller voir Ganon en lui disant : « Sil vous plaît, msieur le méchant, vous pouvez me capturer, hein ? ». Non. Elle va pousser Ganon à venir la capturer, à cause de ses actes justement ! Car elle possède de nombreux pouvoirs dont la télépathie et le don de prescience. Et en plus, elle parvient même à briser son fragment de Triforce en huit morceaux ! Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je crois quil faut une puissance surhumaine pour parvenir à briser un artefact aussi puissant que la Triforce ! Et dans Zelda 2, me direz-vous, elle ne fait rien, puisquelle est endormie pour avoir refusé de révéler au méchant le pouvoir de la Triforce. Que nenni ! Car elle se réveille à la fin, et se montre sous son vrai jour Elle se lève, rejoint Link. Elle sapproche et lui prend les mains Oh que cest romantique ! ;) Puis tout doucement le rideau se baisse Mais juste avant quil ne sois tombé tout en bas, on voit la princesse qui se rapproche dun coup sec sur Link Elle est tout de suite plus audacieuse, dès que personne ne la regarde ! Mon petit esprit innocent et pur (si si) nose même pas imaginer ce qui se passe lorsque le rideau est entièrement tombé ![]() Quant à Zelda 3, ici la princesse est même bien plus courageuse que nimporte quelle princesse : elle accompagne Link au milieu de hordes de gardes vilains et pas beaux ! Et elle va même jusquà le suivre dans les égouts ! Mademoiselle ne fait pas la difficile, pour une fois ! Lorsque lon sait quelle pourrait à tout moment se prendre un coup dépée égaré de Link, elle continue de le coller de près ! Si jétais elle, je ne suivrais pas un gamin qui manie lépée pour la première fois au milieu dune horde de gardes expérimentés et dans les tréfonds des égouts infestés de rats, chauves-souris et de serpents ! Sa nouvelle teinture de cheveux lui donnerait-elle du courage ? Notons que Zelda a la chevelure qui sest éclaircie depuis le temps. Dans la tradition de linconscient, la blonde incarne souvent linstinct maternel, celle qui veille sur les autres, tandis que la brune incarne la sensualité et la provocation (cf. J.-J. Rousseau, Les confessions). Serait-ce à cause de cela que la Zelda débridée à la fin du 2 prend les choses en main et aide Link dans le début du 3 ? Comme quoi, une couleur de cheveux, ça tient à peu de choses, mais ça change tout ! ;) C) Le méchant : Ganon Le méchant dans la plus pure tradition, Ganon ressemble à une espèce de cochon tout bleu (du moins au début) (1). Il noccupe pas une place très importante dans la série (2), alors quil est censé être un des personnages les plus puissants dHyrule (3). Un physique étrange Mais à quoi peut donc bien ressembler le gros méchant de lhistoire ? Un grand nécromancien drapé dans une cape noire ? Un démon aux yeux luisant de feu avec des cornes dignes de Belzébuth ? Non, pas du tout : cest un cochon. Un peu gros, certes, mais un cochon quand même. Et pas nimporte quel cochon : un cochon bleu ! Regardez bien comment il apparaît dans Zelda 1 : un cochon bleu avec un T-shirt rouge vif ! Il faut croire que cest hyper tendance dans les soirées people dHyrule, parce que Ganon va conserver cet accoutrement (à lapparence plutôt ridicule) jusquà lépisode 3 ! Donc pendant plusieurs années. Cela démontre une volonté des designers de Zelda 3 de revenir à un esprit plus « fidèle » au Zelda dorigine, abandonnant les références au second volet de la série. Car effectivement, dans Zelda 2, il ny a plus de Ganon à combattre : il napparaît quune seule fois en tout et pour tout dans le jeu : à lécran de Game Over. Cet écran indique que Ganon est revenu dentre les morts Eh bien il faut croire quil nest alors pas encore bien réveillé, à en juger par son regard bizarroïde, avec un il plus grand que lautre. Ganon est donc un méchant hors du commun : son apparence nest que symbolique. Alors que dans les autres jeux, le méchant a des allures terrifiantes, Ganon a des formes qui ne sont pas aussi repoussantes. Pour reprendre encore et toujours lexemple de Mario, Bowser est un grand monstre avec des cornes, qui crache du feu, et dont la carapace est munie de pointes Ganon est un espèce de cochon grassouillet qui a plus lair dun débile mental que dun machiavélique prince des voleurs (ce quil est censé être). Cest juste son apparence symbolique de cochon en tant quanimal sale. Mais quont-ils donc, contre le cochon ? Comme le dit si bien Bernard Werber dans Le Père de nos Pères, « Le porc est vraiment une bête noble dans tous les sens du terme [ ]. Il est intelligent. Il est affectueux. Il est sensible. Il a le sens de la famille. » Que des qualités que Ganon na pas Le pauvre Il est un porc à part. ;) ![]() Ganon l'absent Après le grand succès de Où est Charlie ? , voici Où est Ganon ?En effet, Ganon nest jamais là. Récapitulons. Premier épisode. Il est le méchant, le vilain. Le but est de le tuer. Eh bien la star se refuse à apparaître ! Il faut aller la déterrer au fond dun donjon en forme de tête de mort pour se livrer à un duel assez fade, il faut le dire. Même pas de musique épique de boss pour laffronter : la banale musique insipide de donjon poursuit son cours Dhabitude, lorsque le héros rencontre le méchant quil traque depuis toujours, il sinstaure un dialogue où les deux adversaires se pavanent et se défient (exemple archi-classique : « Vil démon ! Au nom de la Vertu et de la Lumière je vais te pourfendre de ma sainte épée pour te renvoyer aux tréfonds des abysses doù tu viens ! » « Ha ha ha, pitoyable humain, tu ne peux rien contre ma puissance démoniaque de la fureur des abysses de la mort de la fin du cataclysme de lanéantissement et tout le tralala »). Ici, non : rappelez-vous que Link, dans lépisode 1, ne sait pas encore parler ! ;) Alors il rentre chez Ganon, ne lui fait même pas un compliment sur la déco de sa demeure (qui, soit dit en passant, est dun goût douteux), et les deux protagonistes sattaquent sans échanger un seul mot. Fade. Ganon aurait-il un meilleur rôle dans le deuxième épisode ? Que nenni ! Cest même encore pire : il nest pas là du tout, sauf si vous mourez. Son contrat avec Nintendo a dû être rompu, à cause de son caractère de cochon ! (bon désolé, je sais, elle est nulle celle-là Ok, je sors) Ganon a donc été licencié dans lépisode 2 (raisons de budget, ou parce que le public musulman ne supporte pas de découper du cochon ? Mystère ). Dans Zelda 3, Ganon revient. La star reviendrait-elle en triomphe ? Mais non, pire : elle entre par la porte de derrière, cachée dans le dos dAganhim (« Cest pas moi msieur, cest Aganhim le vilain qui a tout fait ! »). Ganon a à ce point peur de Link quil a besoin de faire croire que cest un mage inconnu le vrai méchant. Et enfin, dans Zelda 4 ? Eh bien là Link se retrouve embarqué dans le rêve dun poisson qui a fumé des trucs pas clairs, alors quant à penser que Ganon serait là-dedans Ganon, le Prince sans sujets Ganon, prince des voleurs. Tel est son titre. Déjà, ce nest pas très honorifique. Si on me demandait dêtre le méchant, je jouerais bien un Vhailor, prince des ténèbres, ou Vhailor, prince des démons, ou encore Vhailor, prince du Mal. Malheureusement pour Ganon, il na hérité que du titre de prince des voleurs. Avouez que cest moins terrifiant, tout de suite. Et puis ça ne sonne pas si bien. Généralement, les voleurs sont des lâches. Dès lors on comprend aisément que le cochon bleu se terre au fond de son palais : les autres princes du Mal doivent bien se moquer de lui, dans les netmeetings de méchants. De plus, un prince se doit davoir de fidèles et loyaux sujets entièrement voués à sa cause. Alors, où sont les voleurs qui servent Ganon ? Car les monstres qui peuplent son palais ont lair de tout sauf de voleurs. Vous pensez quune horde de chevaliers qui ressemblent à des gardes Teutons sont dans la tenue idéale pour exercer leur profession de voleurs ? Dans Hyrule, pour trouver un voleur, il faut bien chercher. Encore en trouve-t-on un dans Zelda 3, dans les bois brumeux. Mais celui-ci na pas lair dun ignoble suppôt de Ganon Tout ceci pour dire que le background des premiers Zelda était relativement peu soigné, il faut le reconnaître. A se demander à quoi sert la storyline de ce jeu. En effet, pas ou peu de rebondissements dans la quête de Link (excepté un effort dans Zelda 3), qui doit juste se contenter la plupart du temps daller faire les palais un par un et réunir les huit fragments de Triforce / cristaux / instruments de musique (rayez les mentions inutiles selon les épisodes). Une fois quil les a tous, il se rend au dernier palais et débusque le grand méchant pour lui casser la figure. Simpliste, non ? Voici donc pour cette présentation des personnages. Restait Impa, la « nurse » de Zelda, mais son rôle était minime : juste une messagère peu digne dintérêt. Nous allons désormais nous attarder sur le cur du sujet : les jeux en eux-mêmes.
» Les quatre premiers épisodes Cest la Genèse de Zelda, la base, les fondations. Les quatre premiers ont à la fois été une référence pour les créateurs, mais aussi ont servi de tests pour améliorer sans cesse les autres épisodes. Zelda premier du nom a été le point de départ de la saga (A), mais déjà le deuxième épisode a suscité une grande polémique (B). Cest pourquoi Zelda 3 se voulait plus fidèle à loriginal (C). Ce nest quavec le quatrième opus que Nintendo a réussi à concilier innovation avec tradition (D). A) The Legend of Zelda : le commencement Ce jeu au scénario basique et archi-classique (1) pose les bases du jeu daventure (2). Il est rempli de tous les symboles qui vont marquer une génération entière (3). Un scénario convenu Dans le mystérieux et magique univers dHyrule existe un relique sacrée nommée la Triforce. Cet objet est divisé en trois fragments. Le premier est celui de la sagesse, le second celui de la Force, et le troisième est celui du courage. La légende veut quune fois réunis, ces fragments offrent à leur détenteur une puissance au-delà de toutes limites. Ganon, prince des voleurs, apprit un jour la légende et entreprit de réunir les trois fragments. Il dépêcha ses sbires dans tout Hyrule à la recherche de la Triforce. Il finit par trouver le fragment de la Force. La princesse Zelda, alors avertie du danger par les sages dont le pouvoir sest soudainement réveillé, entreprend alors de parcourir Hyrule elle aussi, à la recherche des autres fragment, ce qui met Ganon dans une rage folle. Il envoie ses larbins afin de capturer la princesse. Grâce à son don de prescience, la princesse apprend quon est à sa poursuite. Ne désirant pas que son fragment de la Sagesse tombe entre les mains de lignoble prince, elle le brise en huit morceaux (le fragment, pas le prince !). Puis elle envoie sa nurse Impa à travers Hyrule dans l'espoir de trouver le jeune garçon au cur pur dont la légende parle, et la princesse est finalement capturée. Apres plusieur jour de recherche, Impa tombe dans un piege et se retrouve confrontée aux hommes de Ganon; elle s'enfuit et tombe sur Link, un jeune garçon qui l'aide. Persuadée d'avoir trouvé le héros de la Légende, elle lui raconte toute l'histoire et lui confie que Zelda est en danger. Link n'ayant que sont courage pour arme, n'hésite pas à se lancer dans l'aventure... Et voilà pour lhistoire. Super original, non ? On peut la résumer comme ceci : la gentille princesse a été enlevée par le méchant, mais la légende raconte quun héros au cur pur va sauver le monde. Les bases du jeu d'aventure Le jeu est sorti le 21 février 1986 au Japon, et na pas été traduit en français (je me remémore mes heures de recherche dans mon dictionnaire français-anglais). Il fut à lépoque un succès retentissant bien mérité. Le jeu est en 2D. Evidemment, pour la NES, me direz-vous. Téléchargez la ROM du jeu Solstice sur NES : on faisait de la 3D (du moins ça y ressemblait) ! On voit Link de haut et il se dirige sur une grande carte décran en écran. Ici, point de scrolling : lorsque Link touche le bord dun écran, il passe au suivant, avec un effet de transition plutôt réussi. La barre de vie de Link est déjà symbolisée par des petits curs. La monnaie est déjà le rubis (à ce propos : vous avez déjà vu un rubis bleu, vous ? Oui : ça sappelle un saphir ! Et un rubis vert est un émeraude, mais bon ). Il y a déjà des bombes pour percer les murs craquelés. Il y a déjà des palais avec un boss à la fin de chacun. Tout y est (ou presque) : la légende de Zelda est déjà un mythe : les concepts du jeu sont clairement établis. Il y a un héros, masculin (toujours, dans ces jeux). Il y a un méchant puissant. Il y a une princesse à sauver. On ramasse de la monnaie (des rubis) pour acheter des objets magiques. Le personnage est plus puissant chaque fois quil ressort dun donjon. Link se balade sur une grande carte : Hyrule. Par endroits se trouvent différents niveaux (on ne les appelle encore ni donjons ni palais) dans lesquels Link trouvera un objet à chaque fois, des monstres, un morceau de Triforce et un boss. Les boss, dans ce jeu, ne sont guère originaux (un dragon, un dinosaure ). On ne peut dailleurs pas dire que laction soit palpitante : chaque salle du donjon fait un écran et sur chacun des quatre murs peut se trouver une porte ou un passage secret. Toujours au centre du mur. On en reste jamais coincé bien longtemps, et les passages secrets sont très rapidement trouvés. Un jeu assez simple, donc, mais très efficace puisquil repose sur des bases extrêmement solides. Le jeu qui a forgé la légende On trouve déjà dans le premier jeu tout (ou presque) ce qui va rendre Zelda célèbre au fil des années de son existence. Tout dabord, hormis les personnages récurrents, se trouve le point central de cette légende : la Triforce. Cest le Saint Graal, lArche Perdue, la Fontaine de Jouvence, le Scion, lArtefact Infini Bref, la quête ultime du héros. La Triforce revient dans chacun des trois premiers épisode comme but final de la quête de Link. Les concepts qui, à lépoque, sont novateurs apparaissent dès cet épisode. Ainsi, la fameuse bombe placée devant un mur pour le percer et trouver un passage secret est déjà présente. Le boomerang sera un objet récurrent dans le jeu. La bougie sera aussi utilisée à plusieurs reprises dans les suites. Le radeau, larc, la baguette magique, la flûte Tout y est. On y trouve même léchelle, lancêtre du grappin ! Les ennemis que devra affronter Link dans les épisodes suivants sont déjà là eux aussi : les lanceurs de rochers, les lanceurs de boomerangs, les sorciers qui apparaissent et disparaissent en lançant des rayons (super durs ceux-là !), les chevaliers protégés par leur bouclier, les voleurs de bouclier, les ennemis tournants enterrés dans le sable, Zora qui sort de leau pour tirer une boule, les fantômes du cimetière Une belle famille que Link na pas fini daffronter ! Et bien sûr, avant tout, cest le concept de base du jeu qui est forgé : chaque objet acquis dans un palais permet daccéder au palais suivant, ce qui nous oblige (presque) à tous les faire dans lordre. Un palais où lon ne peut aller quavec le radeau, un autre qui napparaît que si on joue de la flûte, encore un où lon est bloqué sans léchelle Cet épisode est le premier, la Genèse, il a posé les fondements de tous les autres. B) Adventure of Link : un épisode controversé Ah ! Jamais je naurai assez de lignes pour décrire ce jeu qui a tant fait couler dencre ! Au-delà dun scénario qui ressemble plus à un prétexte pour suite bâclée (1), le jeu intègre énormément de concepts novateurs (2) qui ont suscité la colère des puristes (3). ![]() Un scénario vide Je crois que cest avec cet épisode que lon a atteint le grand prix du scénario le plus vide de sens de toute la série des Zelda ! Je vous le cite, issu du Jardin du Dragon : « En fait au début de l'histoire, Impa vient voir Link et lui demande de venir aider Zelda, car celle-ci est à nouveau en danger. Cette fois-ci, elle seule connaît le pouvoir de la Triforce. Un mauvais prince cherche à s'emparer du secret, et il tente de persuader la princesse de lui confier. Celle-ci refuse et subit un châtiment de la part d'un mage du prince. Il la condamne à un sommeil de plusieurs jours, avant de sombrer définitivement dans la mort. Seul remède: la Triforce. Alerté par Impa, Link va se lancer une fois de plus dans l'aventure pour retrouver l'artefact, et une fois de plus sauver la princesse. Comme vous vous en doutez, l'aventure est loin d'être de tous repos, et le magicien ne désire pas seulement la Triforce pour embellir son chez lui . On dit que seul le sang de Link pourrait réussir à relever Ganon d'entre les morts. » Oh, comme cest original ! Zelda nest pas capturée ! Non, elle est endormie. Au lieu dêtre prisonnière du grand méchant, elle est prisonnière des songes. Cest déjà moins grave. Mais sur le jeu, ça na aucun effet. Cest comme si Zelda nétait pas là, si ce nest quon la voit plongée dans son sommeil de belle au bois dormant à chaque fois que lon redémarre le jeu. Ganon nest plus là ! Eh oui, en effet, il est bel et bien mort depuis le premier épisode La suite est donc ici respectée, contrairement aux autres Zelda, où lon terrasse à chaque fois Ganon à la fin, mais où ce dernier réapparaît à chaque fois. Le pauvre, il a dû passer souvent à lhôpital. Je porterais plainte si jétais lui. Labsence de Ganon est la seule réelle originalité de ce scénario qui semble plus bâclé quautre chose. On devine assez facilement lexcuse pour une suite à un jeu qui a commercialement bien marché (bien marché ? Que dis-je qui a cartonné !). Un boulversement des concepts de base Aïe, jai touché le nerf qui fait mal, le point sensible. Jentends déjà les voix qui sélèvent « Bouh ! Il est nul ce jeu ! Cest même pas un vrai Zelda ! Aux chiottes ! » Il est vraiment si nul que ça, ce jeu ? Voyons en quoi il est hérétique Ah, oui La vue de profil. Le moins quon puisse dire, cest que ça choque pour un Zelda. Pour peu on se croirait dans Super Mario Bros. Mais là où on entrevoit le génie de ce jeu, cest que le combat est bien plus intéressant quun simple « je-vois-le-champignon-et-je-lui-saute-dessus ». Link a une épée, et il sen sert ! Il y a différentes manières de frapper son adversaire, selon la manière dont on positionne lépée, et le bouclier peut être en position haute ou en position basse. Le coup dépée peut être porté au niveau des épaules (coup normal), au niveau des jambes (coup baissé), vers le bas (coup sauté) et vers le haut (uppercut à la Ruy et Ken sauf quil ny a pas de manip type coup spécial). Tout ceci nous éloigne du jeu daventure, me direz-vous On se croirait dans un jeu darcade ! « Attention Link enchaîne les feintes, crochet du gauche et il frappe, une, deux, trois fois ! Triple Hit Combo !!! » Car Link, grande nouveauté, est capable désormais de sauter ! Il a fait des progrès, le petit, depuis la dernière fois, hein ? Ce type de jeu a rebuté les puristes, mais a donné aux combats du jeu une intensité redoutable Jai rarement autant transpiré en jouant à un jeu vidéo que lorsque, après deux heures de recherche dans le dernier palais, je tombe enfin sur le dernier boss et quil ne me reste plus quune vie (eh oui comme dans un jeu darcade on a trois vies au début !) Le dernier boss est, tout simplement, sa propre ombre On combat son ombre, avec aussi son épée et son bouclier. On affronte un deuxième joueur quasi-identique mais avec des réflexes surhumains dun ordinateur. Je vous assure quà lépoque ça mavait fait de leffet ! Jétais tellement crispé sur la manette que jen avais encore les marques sur les mains après avoir vaincu le boss ! (il faut dire que les manettes de la NES étaient rectangulaires, ce qui, avec des coins pointus, nétait pas une très bonne idée). ![]() Autre originalité, il y a un système de magies. Pas des objets magiques, non. Des magies. Link les apprend, et après il dépense un certain nombre de points de magie pour lancer le sort. Sauter plus haut, réduire les dommages encaissés, transformer les ennemis en petites boules quasi-inoffensives, se changer en fée volante, lancer des boules de feu Ce système de magies sera un peu repris dans la suite par le biais des médaillons et baguettes. Enfin, grande originalité pour un Zelda, puisque cest le seul de la série à appliquer ce principe : un système de points dexpérience. Link gagne des points dexpérience en battant des monstres, gagne des niveaux, et améliore ainsi son attaque, sa défense ou sa magie. Des packs dXP sont disséminés dans des lieux secrets de la carte. Lorsque Link se ballade sur la carte (vue de haut en 2D), des ombres symbolisant des monstres apparaissent. Dès que lun dentre eux touche Link, celui-ci se retrouve dans une zone darcade vue de profil dont il doit sortir, et qui est remplie de monstres. Des fois, Link, en se promenant sur cette carte, tombe sur un endroit en mode « arcade » caché, recelant des secrets (packs dXP, fiole de magie permanente, grand cur ).
La bataille la plus difficile de Link : simposer aux puristes Le premier volet de la série des Zelda avait produit tellement deffet quon attendait au tournant la suite. Et comme pour Super Mario Bros, Nintendo a pondu une suite très différente. Souvenez-vous de Super Mario Bros 2 : un concept très différent et une ambiance pour le moins étrange (quavaient-ils fumé, chez Nintendo, pour nous pondre ça ?). Au final, le jeu était somme toute bien réussi et sympathique. Chez Zelda, il en va de même. La suite du premier épisode a déçu les fans. Ils sattendaient à un jeu similaire, une sorte dadd-on pour le premier opus. Beaucoup de déceptions à la sortie de Zelda 2. Les critiques ont été violentes. Aujourdhui encore, certains se refusent à considérer que ce jeu fait partie des épisodes de Zelda. Que voulez-vous, les fanatiques religieux (de la religion de Zelda bien sûr) refusent douvrir les yeux sur la vérité. Cest bel et bien un Zelda 2 que nous avons là. Le scénario sinscrit dans la suite du premier, cest bien le même héros, la même princesse Mais Zelda 2, dans les consciences, restera pour la plupart oublié, inconnu. Au mieux, simplement comme un jeu à part, voire une erreur de Nintendo Cest bien dommage, car cest un jeu long et difficile qui ma passionné pendant de très nombreuses heures. Et je peux vous dire quen aucun cas ce nest un jeu raté C) A Link to the Past : la révélation Avec ce jeu très attendu, Nintendo est revenu aux sources (1), mais par lajout de nombreuses nouveautés et lexploitation du moteur de la SNES (2), il a réussi un véritable tour de force qui a fait de ce jeu un des plus grands hits de la SNES (3). Retour aux sources Le jeu, sorti en 1991 sur Super Nintendo, a fait forte impression sur la communauté des « Nintendomaniaques » (nom donné aux fans de Nintendo dans le Nintendomagazine de lépoque). Il se rapproche beaucoup de tout premier de la série par de nombreux points. A commencer par le scénario, puisque lhistoire se déroule ici juste après la fin du premier épisode. Visiblement, Nintendo a cédé devant le refus de lépisode 2, et a tenté de leffacer des mémoires. Ainsi, il ny a plus de vue de profil. On verra toujours Link de haut. Il ny aura plus non plus de système de points dexpérience, de niveaux, et autres originalités de Zelda 2. Par contre, on conserve le système de magies, par lintermédiaire des trois objets magiques (feu, éther, terre : les trois médaillons). On retrouve les baguettes, vestige de la baguette magique du palais 6 de Zelda 1 (ah quil était difficile ce palais 6 avec ses sorciers super puissants !). On retrouve également la monnaie dHyrule, le rubis, on retrouve les bonnes vieilles épées différentes de plus en plus puissantes (cette fois il y en a quatre et non plus trois). Les objets du premier volet de la série reviennent en force ! Arc et flèches, boomerang, bouclier magique, bombes, etc Le mythe est revenu, pour le plus grand plaisir de la majorité des fans qui attendaient son retour depuis pas mal dannées. Et comme dans lépisode premier il faut toujours sauver notre belle princesse et anéantir le vilain Ganon. Tous les éléments du premier ont été repris, Nintendo ne voulant pas risquer un deuxième flop. Les valeurs sûres étaient de retour. Même le thème musical principal est revenu, plus fidèle à loriginal que celui du 2. De même on revenait au système de vie symbolisée par des petits curs, qui avaient disparu dans Zelda 2 pour laisser place à une jauge de vie digne de Street Fighter 2. Link ne gagne plus de points dexpérience, inutile donc de tuer des monstres à la chaîne, si ce nest pour gagner des rubis. Fini le système du Link qui a plusieurs vies : il en a une seule, et lorsquil meurt il recommence à un endroit défini. Bref, Zelda 1 est de retour, pour le plus grand bonheur des fans. Des innovations ingénieuses De très bonnes innovations ont été inventées, rendant le jeu bien plus intéressant que ses prédécesseurs. A noter, principalement, linteraction avec le décor. Certes, on est encore loin de la perfection, mais cette fois, remarquez combien Link peut faire de choses quil ne pouvait pas avant : soulever des jarres, les lancer sur des ennemis, foncer dans les arbres, sagripper avec un grappin, couper des buissons, creuser avec une pelle, geler les ennemis, les soulever eux aussi, allumer des torches, appuyer sur des boutons, pousser des leviers La liste nen finit pas. Rien que ça : nager ! Eh oui, Link nage ! Non, ne riez pas, cest une grande innovation ! Link a enfin appris à nager ! Dans Zelda 1, il ne devait pas savoir ce quétait leau : il ne sy aventurait pas. Dans le 2, il sest dit quil devait voir ce que cétait. Résultat : quand on tombait dans leau, comme dans les jeux darcade de lépoque, on mourrait. Pauvre Link. Il lui aura fallu beaucoup de souffrance (et des palmes) pour apprendre à nager ! La deuxième grande innovation vient des quêtes. Avant, Link avait une quête, et la menait à bout. Classique. Ici, Link peut remplir des tas et des tas de quêtes secondaires. De retrouver des objets perdus, chose classique, à remettre un simple poisson à leau en échange de rubis (moins conventionnel). Bref, on sent que nos petits gars de chez Nintendo se sont bien démenés comme des fous furieux pour nous apporter de la qualité et de la durée de vie. Enfin, plusieurs originalités nen sont pas vraiment, ce sont plutôt des améliorations. La SNES, cest 16 bits, deux fois plus que sa petite sur, la NES ! Alors forcément, on voit des effets de zoom (très peu, je vous laccorde), des effets de transparence (la brume du bois perdu) ou encore une musique « réorchestrée » (si lon peut ici parler dorchestre ). Un pari gagné Avec Zelda III, Nintendo a gagné un pari denvergure : marquer les mémoires. Je pense que même Nintendo navait pas conscience du fait que son jeu allait tant marquer les mémoires de beaucoup dentre nous. On se souvient tous de cet épisode, alors que les précédents ont tendance à sombrer dans loubli. Tous les vrais fans de Zelda sont forcément passés par cet épisode de la série, qualifié dincontournable par beaucoup. Cest finalement peut-être celui qui représente le plus lesprit de ce quest Zelda. Une musique, une ambiance, des personnages Il y a du Zelda dans lair, ça se sent, cest presque tangible. Nintendo a réussi à apposer une marque de fabrication, inimitable. Les générations étaient désormais marquées, plus moyen de déloger Zelda. On a bien tenté des Zelda-like, mais tous ont fait un flop. Certains se rappellent peut-être, sur NES, de Battle of Olympus. Pratiquement un clone de Zelda II, avec un héros présentant de nombreuses similitudes avec Link. Javais bien aimé ce jeu, mais il a sombré dans les abysses de linconnu, tandis que Zelda, même dénigré lors du second épisode, est remonté du gouffre, et a écrasé ses copies sans aucune difficulté. On a cru un temps, à lépoque, dans tous les magazines (quelquun se souvient de Nintendo Player, devenu Ultra Player ?) qui annonçaient la nouvelle avec trompettes et tambours, quun jeu détrônerait Zelda, le mythique et légendaire. On les a longtemps opposés. Finalement, chacun des deux a réussi à se faire une place sur le podium des légendes. Je parle bien entendu de Secret of Mana. Même ce hit interplanétaire na pas fait vaciller Link sur son piédestal. Zelda 3 nest pas près dêtre oublié D) Links awakening : la surprise Le lundi 7 juin 1993, un événement sest produit. Alléluia, Zelda 4 sort sur Game Boy ! Bien que reprenant les éléments originels des autres épisodes (1), le jeu nen a pas moins apporté de très grandes originalités (2), qui lui ont donné une atmosphère très nettement différente des autres Zelda (3). Un soft qui est une pure merveille, un must sur GB, probablement le plus romantique de la série, le seul qui emmène au pays de limaginaire. Je ne vous cache pas que cest de très loin mon Zelda préféré. Un épisode reprenant les bases des autres Eh oui, un nouveau Zelda. Dès la scène dintro, on retrouve Link (très belle animation pour un jeu GB) pris dans la tempête. Pauvre Link. Quel inconscient ! Voyager sur la mer sur un simple radeau, et qui plus est sans provisions. Et après, on entend enfin LA musique, avec un Zelda qui saffiche en grand, en gros, en gras, au milieu de lécran. Les références qui ne se changent pas. A première vue, cet épisode ne change pas beaucoup des précédents. Et surtout il est bourré de points communs avec Zelda III ! Il ny a quà regarder une des formes du dernier boss Vous lavez reconnu ? Cest Aganhim ! Et lautre là ? Mais cest Ganon léternel ! Les deux boss de Zelda III, le même Ganon avec sa double hallebarde ! Et puis les ennemis Vous vous rappelez des bestioles électriques qui font mal quand on leur tape dessus ? Le boss gros ver de terre quon tue en frappant lextrémité de la queue ? Et Les poules ? Il y a toujours les jarres à soulever et à balancer sur les adversaires. Les palmes pour nager. La poudre magique. La sorcière et son champignon. Et la musique de la sorcière si familière. Et même des détails techniques.
Cest à partir de Zelda III que Link a enfin appris à marcher en diagonale. Il fait des progrès le gamin. On retrouve également le système des trous. Vous tombez dedans, et hop, vous revoilà un étage en-dessous ! (rappelez-vous du niveau 7, la tour et ses 4 piliers Une horreur). Et aussi les boules de cristal, qui font monter/descendre les blocs Que de beaux casse-têtes, du bon souvenir en réserve dune époque bénie, celle où on jetait la game boy de rage, contre le mur, parce quon navait pas réussi à trimballer la boule du niveau 7 pour casser tous les quatre piliers Bref, que du bonheur ! Je vous vois déjà vous remémorer ces moments historiques. Non, ne pleurez pas, on est tous passés par là. Je vous comprends moi aussi :) Un lot de nouveautés non négligeable Cet épisode, comme les autres, apporte des originalités. La première : où est passée la princesse Zelda ??? Encore enlevée par le vilain Ganon ? Et où est-il ce Ganon ??? Nulle part. On nest même pas à Hyrule. Eh toi là-bas ! Oui toi ! La princesse est pas là ? Tes qui toi dabord ? Marine ? Connais pas de Marine, moi ! Eh oui, Marine Nempêche, elle était bien plus attachante que Zelda. *soupir * Bref, je mégare Des originalités disions-nous. Eh bien voilà larrivée de la plume ! Link peut enfin sauter à nouveau, comme dans Zelda 2 ! Ce qui mamène à la plus grosse nouveauté : lalternance de la vue de profil avec celle de haut. Link en arrive dans des souterrains où il saute sur des Gambas (vous savez, ces champignons de Super Mario ?) et découpe des fleurs carnivores sortant de tuyaux Hum On est à la limite du plagiat. Mais tout le monde a vite compris que cest un clin dil à lautre héros emblématique de Nintendo. Autre nouveauté, Link utilise enfin pour de vrai son bouclier ! Il peut repousser les ennemis avec ! Cest dailleurs par là que commence laventure sur la plage. Pas mal de petites originalités ont été apportées comme un plus à laventure, un bonus. Ainsi laventure en radeau dans les rapides ou le jeu de la pince mécanique en font partie. On trouve également le système des échanges pour obtenir la loupe qui permet de trouver le chemin de luf. Et dautres petites aventures comme le toutou qui a été enlevé par les vilains moblins Une ambiance hors du commun Cest selon moi la principale qualité de ce soft. Un soft basé sur le rêve. Chaque fois que je le re-termine, jéprouve un petit pincement au cur Il y a dans cet épisode beaucoup plus dhumour que dans les autres. Amenez Marine au jeu de la pince, elle prend le gérant et le balance sur le tapis roulant ! Attaquez les poules, elles se révoltent ! Mais outre lhumour, cest aussi une ambiance mystique De tous les softs Zelda, cest celui dans lequel je me suis le plus attaché aux personnages. Ah, le hibou, qui nest somme toute quune émanation de la conscience du poisson-rêve Il nous guide, on shabitue à le voir débarquer à la fin dun donjon Quand il disparaît à la fin du jeu, quelque part au fond de moi je le regrette Et la chanson du poisson-rêve, elle ne réveille pas en vous une certaine nostalgie ? (écoutez la mélodie). Ce jeu, cétait toute une ambiance, cétait un rêve éveillé, une féerie, un voyage, une histoire sans fin Et lorsque, à la fin du jeu, on revoit tous les personnages qui disparaissent avec lîle, parce que cette île nétait finalement quun rêve, et quon retrouve Link, seul, sur son radeau Je vous laisse sur la conclusion de ces images qui me font toujours le même effet, 10 ans après avoir joué à ce jeu, un jeu extraordinaire comme on nen fait plus « Je suis le poisson-rêve ! Long fut mon sommeil Dans mes songes, un uf apparut, puis une île lentoura Des gens Des animaux Un monde était né ! Mais le rêve a toujours une fin, cest le destin ! Quand je méveillerai, Cocolint disparaîtra Or, le souvenir de cette île doit rester dans nos curs en tant que réalité Toi aussi, un jour, tu te souviendras. Ce souvenir doit rester réel dans un monde de rêves Viens, Link, éveillons-nous ensemble !! Joue la chanson de léveil !! »
Tous mes remerciements à Elfik et Wax pour mavoir donné le courage décrire ce dossier, à Lieutenant Herzeleid pour ses idées, lui qui se souvenait si bien de ces quatre jeux, au site du Jardin du Dragon qui ma fourni de précieuses infos, à Nintendo pour nous avoir offert des softs de qualité, et à tous ceux que joublie (et je men excuse), ceux sans qui je ne serais jamais venu à bout de ma tâche. Rubrique réalisée par Vhailor. |
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